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flow

Vous est-il déjà arrivé d’être tellement engagé dans une activité que vous avez en fini par perdre toute notion du temps et oublier complètement le monde extérieur ?

En évoquant ce type de souvenir, peut-être même vous rappelez-vous d’une forte sensation de bien-être qui vous a envahi, de cet agréable moment de détente où le temps s’arrête pour laisser place au plaisir du moment présent.

Eh bien, vous n’êtes pas sans savoir que cette immersion profonde dans l’action a un nom ! Ça s’appelle le Flow. On dira aussi être dans la zone.

Alors oui le Flow, c’est ça, mais pas seulement.

Saviez-vous qu’atteindre le Flow nous permet également de décupler notre productivité personnelle jusqu’à 500% ?

Oui oui, vous avez bien lu, être 5 fois plus productif que dans son état normal. Soit par exemple accomplir plus le lundi que ce que vous avez l’habitude de faire la semaine.

Et, cerise sur le gâteau, de nombreuses études ont démontré qu’opérer dans le Flow est aussi un des meilleurs moyens pour simplement nous rendre heureux.

En résumé donc, Flow = Performance optimale + Sérénité + Bonheur.

Allez, avouez, ça donne envie d’en savoir plus non ?

Un profond bien-être dans le Flow

« Le bonheur est un présent divin »

Cette citation d’Aristote nous montre que déjà l’époque, il avait compris que ce que nous recherchons le plus dans la vie, avant tout autre chose, c’est le bonheur.

C’est vrai que quand on y pense bien, les différents objectifs qu’on se fixe, que ce soit une meilleure santé, l’amour ou plus d’argent par exemple, nous mènent tous à la même finalité : être plus heureux.

1) Bonheur total

Mais qu’est-ce qui rend une personne pleinement heureuse au juste ?

C’est précisément en voulant répondre à cette question qu’un psychologue Hongrois, Mihaly Csikszentmihalyi, a entamé dès 1960 des recherches extensives sur le sujet.

Il a cherché à comprendre comment les gens se sentent quand ils sont vraiment heureux, et surtout pourquoi ils le sont.

Etude à grande échelle

Pour se faire, il a interrogé au fil des années des milliers de personnes de cultures et d’environnements différents à travers le monde.

De l’expert dans son domaine (musique, chirurgie, athlètes, joueur d’échecs…) à l’artiste méconnu, en passant par le travailleur (ouvrier, cadres, chef d’entreprise…), tous ont témoigné d’une sensation intense de bonheur et de pleine capacité une fois pleinement immergé dans leur activité de prédilection, à tel point que pour rien au monde ils n’auraient été prêts à l’arrêter.

Un certain nombre d’entre eux ont utilisé l’expression en anglais « It flows » pour décrire cet agréable état, que l’on traduit par « Cela coule ». Dit autrement, les choses semblaient se passer automatiquement, sans perception d’effort et dans un plaisir absolu.

C’est ainsi que le professeur Csikszentmihalyi a fini par décrire cet état d’expérience optimale le Flow.

Et c’est en analysant les réponses de ces milliers de personnes, ainsi que les caractéristiques qui les amenaient à vivre le Flow qu’il en est parvenu à cette conclusion :

« Les meilleurs moments de notre vie se produisent généralement quand le corps ou l’esprit d’une personne est étiré à ses limites dans un effort volontaire pour accomplir quelque chose de difficile ou digne d’intérêt »

Contrairement donc à ce qu’on pourrait penser, le bonheur total n’est pas le résultat d’expériences passives et/ou relaxantes, bien qu’elles puissent être agréables, mais plutôt l’œuvre d’un défi qu’on décide soi-même de relever.

En bref, viser régulièrement le Flow constitue donc une des clés principales de notre bonheur.

2) Complètement zen

Une autre particularité intéressante du Flow est la détente qu’il procure.

Paradoxalement, Monsieur Csikszentmihalyi a constaté à travers ses recherches que malgré l’effort encouru, les participants de son étude évoquaient un état de relâchement complet.

En 2010, une étude menée sur des pianistes s’est d’ailleurs penché sur ce ressenti, et a fini par le valider.

En effet, chez les musiciens qui ont réussi à entrer dans le Flow, les chercheurs ont étonnamment observé une respiration plus profonde ainsi qu’un rythme cardiaque ralenti.

Comme l’expliquent Steven Kotler et Jamie Wheal dans leur livre Stealing Fire, cette relaxation se manifeste lorsque le cortex préfrontal se met temporairement en veille, faisant ainsi taire notre critique intérieure.

Cet état, que l’on appelle « hypofrontalité transitoire », nous permet d’échapper à notre mode de fonctionnement par défaut où nous nous débattons avec nos doutes et nos peurs chroniques.

Mais si, vous savez, ces petits dialogues qu’on a constamment avec soi-même pour notamment s’inquiéter de ce que les autres disent de nous ou encore se demander si on est capable d’y arriver.

3) Meilleure confiance en soi

D’ailleurs, en parlant de nos doutes, un autre élément qui peut bien souvent nous pourrir la vie est le manque de confiance en soi.

Et vous l’aurez deviné, le Flow peut là aussi nous aider !

Effectivement, pour atteindre le Flow, nous allons constamment créer des défis qui nous sont propres et veiller à ce qu’ils ne soient ni trop grands, ni trop petits.

Ce faisant, nous allons stimuler notre motivation et encourager la réussite de chaque challenge l’un après l’autre.

Or, cette étude a démontré que le fait de réussir des épreuves avait pour effet d’augmenter notre niveau de confiance.

Et cerise sur le gâteau, cette autre recherche démontre qu’une meilleure confiance en soi génère de meilleurs résultats.

Vous l’aurez compris, la boucle est bouclée : plus nous réussissons et plus notre confiance s’accroit, et quand notre confiance est élevée, nous réussissons mieux, ce qui entraine donc une réaction en chaine !

Clairement, opérer dans le Flow va donc impacter positivement notre degré de confiance et ainsi nous pousser toujours plus à voir le verre à moitié plein !

Performance décuplée grâce au Flow

Si vous faites partie de ces rares personnes que le stress et la négativité n’atteignent pas, peut-être êtes-vous plutôt ici en train de lire ces lignes pour en savoir d’avantage sur ce que le Flow a à nous offrir en termes de performance.

Certains d’entre vous qui ont déjà eu l’opportunité de se retrouver pleinement engagé dans leur tâche au travail savent en effet à quel point nous pouvons être très productifs.

Explorons donc en quoi notre performance est réellement décuplée une fois le Flow atteint.

4) Concentration optimale

C’est en 1990 que Mihaly Csikszentmihalyi expose les premiers résultats de ses recherches sur le Flow à travers le livre du même nom. (Pour ceux que ça intéresse, il existe également une traduction française : Vivre, la psychologie du bonheur)

On y découvre alors les 9 critères fondamentaux qui caractérisent l’état de Flow, et que je décris plus en détail sur cette page.

Parmi ceux-ci, un critère en particulier se démarque car il est non seulement un des éléments déclencheurs du Flow, mais aussi parce qu’il agit en tant que lien entre tous les autres : une intense concentration

De fait, les 3 autres éléments déclencheurs du Flow (Objectifs clairs, feedback immédiat et balance entre défi et aptitudes) vont avoir pour effet de pleinement nous engager dans l’action, tandis que les 5 autres caractéristiques du Flow ne peuvent se produire si nous n’arrivons pas à nous concentrer.

Concrètement, dès lors que nous arrivons à intensifier notre concentration au point de rencontrer tous les critères et atteindre le Flow, nous passons dans un état à mi-chemin entre le conscient et le subconscient dit de concentration optimale.

James Clear, dans son livre Atomic Habits, expose sa théorie du Flow qui selon moi résume bien les bénéfices de cette concentration optimale :

« Les psychologues désignent généralement deux modes de fonctionnement de notre cerveau : le système 1 et le système 2.

Le système 1 est rapide et instinctif. De manière générale, les processus que vous pouvez exécuter très rapidement (comme les habitudes) sont régis par le système 1.

Pendant ce temps, le système 2 contrôle les processus de réflexion qui sont plus laborieux et plus lents, comme le calcul de la réponse à un problème mathématique difficile.

Le flow, je crois, réside à la frontière entre le système 1 et le système 2.

Vous utilisez pleinement toutes vos connaissances automatiques et implicites liées à la tâche, tout en travaillant dur pour relever un défi au-delà de vos capacités.

Les deux modes cérébraux sont pleinement engagés, le conscient et le non-conscient fonctionnent parfaitement en synchronisation. »

5) Créativité unique

Ce que ne savait peut-être pas James Clear au moment d’écrire ces lignes, c’est que ce processus cognitif unique du Flow existe bel et bien, comme l’affirme cette article scientifique.

Au passage, cet article nous apprend également que le Flow va considérablement élever nos niveaux de créativité.

Comment ?

Nous avons vu plus haut qu’en expérimentant l’expérience optimale, nous sommes en état d’hypofrontalité transitoire qui pour rappel bloque notre critique interne et induit une réelle relaxation.

Et vous avez sans doute déjà remarqué que les meilleures idées émergent bien souvent au moment où on s’y attend le moins, dans la douche ou lors d’une balade par exemple, soit bien souvent quand nous sommes pleinement détendus.

Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que quand nous rêvassons, nous entrons là aussi en état d’hypofrontalité transitoire.

Il s’avère en fait que c’est justement ce relâchement de la réflexion qui permet à notre cerveau de nous apporter toutes ces idées innovantes !

Si ce lien entre le Flow et la créativité a régulièrement été soupçonné au regard des conclusions du professeur Csikszentmihalyi, un groupe de chercheurs a décidé en 2006 d’en avoir le cœur net.

A l’époque, un groupe de 45 étudiants musiciens s’est vu confier la tâche de créer de nouvelles compositions musicales, et chacun d’entre eux devait au cours du processus mesurer leurs niveaux de Flow à l’aide d’un questionnaire ainsi que la valeur créative estimée de chaque nouvelle composition.

Pour valider l’aspect réellement créatif, un autre groupe de 24 spécialistes de la musique (professeurs, compositeurs reconnus, musiciens professionnels…) a été mandaté pour juger chacune des compositions.

A l’issue de l’étude, le résultat fut sans appel : au plus les niveaux de Flow étaient élevés, plus les compositions étaient de meilleure qualité.

6) Facultés de résolution de problèmes amplifiées

Je vous le disais en introduction, le Flow peut nous permettre d’être 5 fois plus productifs qu’à l’accoutumée.

Cette conclusion nous vient de la société Mc Kinsey, qui a commandé une étude dans laquelle près de 5000 managers de tout niveau ont été interrogés pendant une dizaine d’année sur l’évaluation de leur performance une fois dans la zone.

En outre, cette autre étude réalisée auprès 395 étudiants a ainsi démontré que l’expérience du Flow s’est avérée être un prédicteur important de la performance à l’examen.

Malheureusement pour nous, si ces sondages à grande échelle ont permis d’observer le lien entre la performance optimale et le Flow, ainsi que les raisons qui le déclenchent, cela ne nous explique pas pourquoi nous bénéficions d’un tel rendement dans cet état.

Si l’on peut supposer que notre productivité élevée dans la zone est liée à cette capacité de concentration optimale, et de la créativité qui en résulte, il semblerait également que nos facultés d’analyse soient accrues dans le Flow.

La combinaison de ces 2 recherches scientifiques nous permettent ainsi d’y voir plus clair à ce sujet :

Cette première étude démontre ainsi que grâce à une technique d’électrostimulation du cerveau, nous entrons plus facilement dans le Flow.

Et une deuxième étude portant sur la résolution de problèmes difficiles, avant et après électrostimulation du cerveau, a exposé des résultats surprenants.

Alors qu’aucun des 33 participants n’avait réussi à résoudre le problème proposé, 14 d’entre eux ont subitement réussi à trouver la solution après la stimulation cérébrale.

Essentiellement donc, notre capacité à analyser et résoudre des problèmes complexes est clairement amplifiée une fois le Flow atteint, ce qui expliquerait notamment les hauts degrés de performance établis.

7) Performance physique boostée

Si notre cerveau est donc capable d’analyser mieux et plus rapidement dans le Flow, il y a fort à parier que ça engendre également des répercussions sur nos performances physiques.

C’est donc sans surprise qu’on réalise aujourd’hui que bon nombre de sportifs de haut niveau, après une performance exceptionnelle, ont témoigné d’un ressenti décrivant les caractéristiques du Flow.

Une étude a même été spécifiquement réalisée à ce sujet :

26 athlètes de tous niveaux et disciplines confondues ont été interrogés 4 jours après une excellente performance.

Résultat ?

Des niveaux de Flow distinctifs ont été recensés pour chacun d’eux, ce qui illustre parfaitement qu’une fois les critères de l’expérience optimale rencontrés, nous sommes tous capables de réels exploits physiques.

Votre bonne raison d’atteindre le Flow

Nous venons de voir ensemble les 7 grands bénéfices du Flow qui sont toutes autant de bonnes raisons de vouloir l’atteindre :

  • Bonheur total
  • Complètement zen
  • Meilleure confiance en soi
  • Concentration optimale
  • Créativité unique
  • Facultés de résolution de problèmes amplifiées
  • Performance physique boostée

Parmi ces raisons, il y en a forcément une qui vous parle plus qu’une autre, et qui vous donnera vous aussi envie d’explorer un peu plus le Flow et les façons de le déclencher.

Alors je vous écoute! Dites-moi en commentaire quelle est VOTRE raison de vouloir atteindre le Flow plus souvent?